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Chambre d'agriculture de l'Orne 

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LA journée des GVA

 

    

     Chaque année, les adhérents de tous les GVA de l’Orne sont invités à LA Journée départementale des GVA, une rencontre consacrée aux échanges entre groupes, et à une réflexion collective sur un thème lié à l’évolution de l’agriculture et de son contexte, comme :

 - Les comportements des consommateurs, Jean-Luc DUVAL, Vice-Président d’Agrial, Didier DANILO et  Laurent LEPROUT, Directeur et Responsable qualité du Centre E. Leclerc d’Alençon et Stéphanie Leveau, associée des « Volailles du Mesnil » à Ceton en 2013

 - Le climat change, l’agriculture aussi, avec Jean-René LUCAS en 2011 (Climaster)

 - L’agriculture intégrée, une voie d’avenir ?, avec Agro-Transfert Picardie en 2010

 L’évolution de la place de l’agriculture dans la société, avec Bertrand HERVIEU en 2009

 - Les grands défis pour l’agriculture du 21è siècle, avec Bruno Parmentier en 2008 (prémisses de l’agriculture écologiquement intensive)


Les comportements des consommateurs au menu de La Journée des GVA 2013

(OAM N° 39)

     Pour préparer l’agriculture de demain, les GVA de l’Orne proposaient cette année dans le cadre de leur Rendez-vous annuel de La Journée des GVA, une table-ronde sur les évolutions des attentes et des comportements des consommateurs.

     Dans le cadre raffiné du Pavillon de Gouffern, les agriculteurs ont pu entendre les points de vue complémentaires de quatre intervenants en contact avec les consommateurs: Jean-Luc DUVAL, Vice-Président d’Agrial, Didier DANILO et  Laurent LEPROUT, Directeur et Responsable qualité du Centre E. Leclerc d’Alençon et Stéphanie Leveau, associée des « Volailles du Mesnil » à Ceton.

Des découvertes

    Premier constat : le consommateur Lambda est incohérent, instable, et infidèle! …Et nous sommes tous (même producteurs!), des consommateurs Lambda, comme le suggéraient les saynètes humoristiques qui ponctuaient cette table-ronde! Il y a en effet un réel écart entre ce que les consommateurs disent vouloir acheter (des produits de qualité, locaux…) et ce qu’ils mettent finalement dans leur caddie, influencés par un marketing redoutablement efficace et les limites d’un budget où l’alimentaire a la portion congrue et passe après le logement, la téléphonie et les loisirs…!Le Directeur et le Chef de rayon Frais du centre E. Leclerc d’Alençon l’ont illustré par quelques faits marquants des modes de consommation des ménages, tracés notamment par les cartes de fidélité : par exemple, le panier moyen diminue très sensiblement entre le début et la fin du mois, autant en quantité qu’en qualité.

     Ensuite, les consommateurs sont extrêmement sensibles à la publicité, qui est orientée en fonction de la période dans le mois : les envois de catalogues de promotion ont un impact direct sur les ventes, avec un retour sur investissement garanti! Enfin, l’influence des médias sur la consommation est bien réelle : l’émission sur les conditions d’élevage du saumon dévoilant un scandale alimentaire a entraîné une baisse à deux chiffres des ventes de l’ensemble du rayon poissonnerie dans les jours qui ont suivi.

     Jean-Luc DUVAL soulignait lui la difficulté pour les grandes entreprises agro-alimentaire d’adapter les produits aux attentes des consommateurs qui ont des visions très différentes des produits de qualité ou naturels. Les succès commerciaux ne sont pas forcément liés aux efforts faits par les filières sur ces notions de qualité. Le cidre AOC par exemple ne se démarque pas autant que l’exigence du cahier des charges de ce signe de qualité le laisserait espérer. Alors que le cidre rosé rencontre un très vif succès.

     Stéphanie LEVEAU, qui produit avec ses associés des volailles fermières de qualité, et en vend à la ferme et chez Leclerc (70%), a complété cette vision de la consommation en reconnaissant que la vente de produits fermiers reste une niche pour des consommateurs qui recherchent, pour les repas festifs principalement, qualité gustative, garantie d’origine, et proximité. Pour conquérir ce potentiel de consommation, les producteurs ont intérêt à se regrouper pour élargir la gamme de produits locaux mis en rayon. Le consommateur achète en effet plus s’il a un choix plus large de produits, comme l’illustrait une participante productrice de cidre : « On s’est associés avec des producteurs de cidres pour être présents en GMS, et on vend tous plus. Nos vrais concurrents, c’est le coca ! »

     Après des temps en ateliers pour échanger sur ces découvertes, les adhérents GVA ont repéré des pistes : l’importance de la communication, pour « gérer notre image de producteurs », en faisant attention aux éléments qui peuvent choquer les non agricoles, et en montrant une image positive de la profession. Une bonne communication est au final plus productive et plus lisible qu’un empilement de cahiers des charges incompréhensibles pour le consommateur !


 


24 novembre 2011, une journée sur le thème

« Le Climat change, l'Agriculture aussi »

   Marqués par un climat 2011 pour le moins déstabilisant, les responsables GVA de l'Orne ont proposé en novembre 2011 de mettre le changement climatique au menu de la Journée Départementale des GVA. Pour mieux comprendre ce que seront (et sont déjà !) les réalités de ce changement pour les exploitations, et réfléchir ensemble aux adaptations nécéssaires et aux pistes ouvertes. Exposés, témoignages et ateliers se sont succédés pour faire avancer la réfléxion et apporter des réponses concrètes...

   Un temps en plénière a d’abord permis de situer la problématique du changement climatique et son impact sur l’agriculture. Jean-René LUCAS, chargé de mission du projet Climaster, a travaillé avec des groupes d’agriculteurs du Grand Ouest pour produire une réflexion prospective sur le climat pour l’agriculture. Il a rappelé aux participants qu’en plus des évolutions prévisibles « moyennes » du climat, le changement climatique sera marqué par des évènements extrêmes liés au déplacement de masses d’air entre les zones de dépression et les zones anticycloniques.

   Le GIEC a en effet défini différents scénarios, en faisant varier les hypothèses de croissance économique et d’évolution démographique, qui prévoient pour nos régions :

- une augmentation marquée des températures (de 2 à 3°C supérieures à l’horizon 2100), se traduisant pour l’agriculture par un raccourcissement des cycles des cultures, un nombre de jours échaudants supérieur au printemps, un cumul de température en base 6 de mai à septembre plus important. Ce réchauffement a déjà été observé à hauteur de 1°C en moyenne entre 1946 et 2006.

- des précipitations plus faibles l’été (en 2085, de 20 à 50 % moins de pluies d’été qu’en 1975, ce qui entraînera une baisse de production végétale estivale), mais sans doute plus importantes l’hiver (+10 % selon certaines hypothèses),

- une augmentation de la variabilité climatique (écarts de plus en plus importants d’une année à l’autre) et de la fréquence des évènements extrêmes.

   Les effets très concrets de ces changements seront par exemple la migration des espèces végétales et animales vers le Nord et en altitude, fait déjà constaté au 20è siècle sur 40 % des espèces, ainsi qu’une augmentation de la production de biomasse (pousse de l’herbe notamment) au printemps et un ralentissement en été. Des prévisions qu’il faut dès maintenant intégrer en faisant évoluer nos « dates repères » et nos productions…

Après la plénière, des ateliers tournants étaient consacrés aux pistes de développement et d’adaptation concrètes ouvertes par le changement climatique : 

- la méthanisation, pour diminuer la production de Gaz à effet de Serre (intervention de Maxime LEJEANNE, agriculteur à Moussonvilliers et d’Elodie BARTHELEMY, conseillère Energie à la Chambre d’agriculture de l’Orne)

- l’agro-foresterie, pour piéger le carbone, avec Francis BISSON, agriculteur à Marcei, et Clémence ADAM, conseillère Boisement à la Chambre d’agriculture de l’Orne

- le plan de soutien des exploitations agricoles à l’adaptation aux enjeux énergétique et climatique, par le Parc naturel régional Normandie Maine

- l’évolution du climat depuis 30 ans dans l’Orne, avec Michel HARIVEL

Invitation JD GVA 2011

Dernière modification le 15-07-2014 par Jérôme GROSJEAN.
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